Le mouton à trois pattes - Le candidat imparfait
LE MOUTON À TROIS PATTES
Et si le candidat parfait était justement le candidat imparfait ?
Lors d’un recrutement, la quête du profil idéal répondant à toutes les attentes, aussi pointues et étendues soient-elles, semble incarner l’objectif de réussite. Cet idéal est-il souhaitable, performant, engageant dans la durée ? Et si la perfection du candidat s’incarnait finalement dans son imperfection ?
Une quête illusoire. Le modèle de recrutement fondé sur la perfection du collaborateur présente plusieurs inconvénients : réduction du volume de candidats, allongement du processus de recrutement, risque de dépassement des budgets alloués. Ce modèle peut avoir également tendance à placer le nouveau collaborateur dans une posture d’expertise qui lui donne une position de négociation avantageuse face à son employeur, tant à la signature du contrat que dans la durée. En effet, il vient avant tout pour transmettre des compétences qu’il a acquises ailleurs et dont l’employeur a besoin. D’autre part, si ce candidat « parfait » ne vient pas, un sentiment de frustration peut se développer et mener à un recrutement peu enthousiaste, faute de mieux, qui transparaîtra nécessairement dans la collaboration.
L’acceptation de l’imperfection, le mouton à trois pattes. Sans bien sûr oublier la notion de compétences nécessaires, un autre regard est possible. Il consiste à identifier des candidats avec les bons fondamentaux de savoir-être pour se sentir bien au sein du collectif, et une partie du savoir-faire pour mener la mission sans pour autant pouvoir répondre à tous les critères établis. Au-delà d’élargir le bassin de talents disponibles et de réduire le temps nécessaire pour pourvoir le poste, il permet aux entreprises de favoriser l’engagement par leur exemple et de se laisser l’opportunité de modeler cette « quatrième patte » manquante en fonction de leurs besoins spécifiques, créant ainsi des employés véritablement alignés avec leur culture et leurs objectifs à long terme.
L’imperfection : gage d’engagement. Dans un cadre où les imperfections sont définies et partagées, en vérité, et où un plan d’action est établi pour les combler, la confiance que peut accorder un employeur à un employé peut favoriser le développement d’un lien solide et durable, et favoriser également un sentiment d'appartenance et de loyauté. Les collaborateurs se sentent valorisés et motivés par la confiance que l'entreprise place en leur potentiel de développement, avec l’envie d’être à la hauteur. Plutôt que de poursuivre un idéal inatteignable, engageons-nous à valoriser l’imperfection. En misant sur des talents prêts à évoluer, nous créons des équipes plus résiliantes, innovantes et véritablement engagées dans la réussite collective.
En regardant votre parcours et vos fonctions actuelles, vous seriez-vous recruté à votre propre poste ?
Thierry Serrano-Guerra
Partner